Le Dauphiné Libéré (7 novembre 2012)
     

   
Le Dauphiné Libéré

Environnement - Le cours d'eau a subi les assauts de l'homme et du temps

La Cance, une rivière encore fragile

En première ligne, la Gaule Annonéenne n'a de cesse de protéger la Cance et les poissons qu'elle abrite. Avec ses moyens, l'association de pêcheurs tente de réparer les erreurs de l'Homme et les effets du temps.

Au 18ème siècle, les industries se développent sur le bassin, attirées par l'importance de son réseau hydraulique. Au fil des ans, l'industrie du papier, les mégisseries et l'industrie mécanique vont être de grosses consommatrices d'eau, rejetant cette dernière sans la traiter.
Au début des années 1990, la Cance est considérée comme l'une des rivières les plus polluées de Rhône-Alpes. Depuis, collectivités et associations se battent pour rendre à la Cance sa splendeur.
En première ligne, la Gaule Annonéenne n'a de cesse de protéger la Cance et les poissons qu'elle abrite. Avec ses moyens, l'association de pêcheurs tente de réparer les erreurs de l'Homme et les effets du temps.
"La rivière a longtemps été utilisée par l'Homme", rappelle Patrick PACHOT, président de l'association. Et ce ne fut pas sans conséquence. "Ce dernier a créé beaucoup de seuils hauts que les poissons n'arrivent pas à remonter. Or, le poisson doit pouvoir bouger pour que les alevins grandissent". Pour les aider à passer ces seuils, la Gaule Annonéenne installe parfois des "passes à poissons". Une passe est ainsi en projet au niveau de la micro-centrale de Pantu (en aval de la station d'épuration) en collaboration avec son exploitant, Pierre GAUTHIER.
Les pêcheurs combattent aussi l'œuvre du temps. Ainsi, sur le parcours "sans tuer" créé au lieu-dit Galléliaure (route de Villevocance), l'association a recréé un seuil naturel. "Ce seuil s'était effondré, provoquant un amas de galets. La ligne d'eau en contrebas avait alors baissé, et la cache qui permettait aux poissons de s'abriter se retrouvait hors de l'eau", explique le président. Le mois dernier, dans le cadre du contrat de rivière, les pêcheurs ont même fait venir des rochers de 200 à 300 kilos pour recréer des abris. Le faible débit du cours d'eau inquiète aussi Patrick PACHOT. "Avec les années, la rivière ne transporte plus de sédiments. Elle se creuse et tape dans la roche mère. Or, les poissons ne peuvent pas pondre sur cette roche mère. Ils ont besoin de sable et de gravillons". Des solutions doivent donc être trouvées pour faire face à ce qui sera "un vrai problème dans quelques années".

Ne refaisons pas les erreurs du passé.
Aujourd'hui, la plus grande crainte du président de la Gaule Annonéenne reste toutefois l'Homme. "Lorsqu'une industrie veut s'installer, on lui facilite l'accès à la rivière mais ça serait dommage de fouler du pied tous nos efforts. Ne refaisons pas nos erreurs du passé", explique Patrick PACHOT. Les pêcheurs sont aussi dans sa ligne de mire. "On a installé des parcours "sans tuer" pour permettre aux poissons de se reproduire, mais certains ne respectent pas cela. On a besoin de responsabiliser les pêcheurs. Il faut être écolo, respecter les milieux, penser au futur", conclut-il.

Pour en savoir plus
La Gaule Annonéenne a créé un parcours "sans tuer" au lieu-dit Galléliaure et un autre près de la Roche Péréandre. Sans oublier un parcours "à gestion raisonnée" entre l'abattoir et la station d'épuration, à Annonay.

Repères
La rivière Cance prend sa source au col des Baraques, à 1100 mètres d'altitude. Elle rejoint le Rhône à Sarras, à 130 mètres d'altitude, après un parcours de 41 kilomètres. Le Syndicat mixte intercommunal couvre 42 communes d'Ardèche et de la Loire et gère 360 km de cours d'eau. Il gère les milieux aquatiques, l'assainissement collectif, sensibilise les publics, valorise le patrimoine et améliore l'habitat piscicole.

Amandine BRIOUDE

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